Elections présidentielles — France 2017 Contribution de la Société Populaire d’Education — Supplément du numéro Spécial avril 2017 — journalgerminal.fr
Du fait de la désignations tardives des principaux candidats à la Présidence de la république, le journal Germinal [www.journalgerminal.fr] n’a pu entreprendre que tardivement l’analyse de leurs orientations. On a centré l’attention sur les ouvrages que ces candidats ont fait paraître, plutôt que sur les programmes-catalogues, ceux-ci ne pouvant restituer la ligne directrice des différents projets. S’agissant de Marine le Pen, qui n’a pas publié d’ouvrage récent, on a pris appui sur deux discours récents, pour Benoît Hamon, son livre, Pour la génération qui vient, qui n’est paru qu’en mars 2017, a été consulté. De la sorte, l’analyse des orientations de ces deux derniers candidats ne pourra être que des plus succinctes.
Il était envisagé (sans que les rédacteurs de Germinal aient pu dans tous les cas y parvenir) de centrer l’analyse des différents projets sur la base des questions suivantes :
1/ Le candidat fait-il ou non une analyse de la situation (immédiate, historique) ?
— en termes de situation économique et politique d’ensemble
— en termes de classes et de rapports de classes (associés ou non à des courants politiques)
— en termes de vision stratégique mondiale (contradictions entre puissances)
— en isolant les différents problèmes ou les posant dans leurs relations
— en s’efforçant de dégager les différents appuis ou cibles (puissances, classes, courants) privilégiés
2/ Les propositions des candidats sont-elles en relation (cohérente) avec les analyses
— qu’il y ait ou non analyse, grandes lignes des propositions (économie, politique, relations internationales). S’agit-il d’un simple catalogue ou y a-t-il une unité de l’ensemble ?
— Vision à court ou long terme
— Clientèles privilégiées.
On trouvera le résultat de ce questionnement, que l’on déplore d’avoir dû mener à la va-vite.
Soit, en respectant l’ordre alphabétique :
François Fillon, Faire (2015), ou « Petits arrangements avec la République ».
Benoît Hamon, Pour la génération qui vient (2017), ou « Comment traire la vache Lolotte qui n’a plus de pis ».
Emmanuel Macron, Révolution, (2016), ou « Dans ce monde “qui nous inquiète”, nous (la France) devons positiver ».
Marine Le Pen, Discours (2017) ou « Comment tirer profit de l’indigence calamiteuse des responsables de la politique du pays ».
Jean-Luc Melenchon, l’Ère du peuple (2016), ou « Déconstruire les repères sociaux de classe ».
Cet ensemble sera introduit par une lecture qui nous semble illustrer la façon selon laquelle une majorité de candidats usent dans leurs campagnes de procédés langagiers, qui expriment un certain mépris à l’égard de l’intelligence du peuple.