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journal germinal

Germinal, Cahiers de formation politique pour l’Union de lutte des classes populaires, est une publication de la Société populaire d’éducation.

La nouvelle série a été inaugurée en 2007. Elle succède au bulletin Germinal dont l’existence remonte aux années 70.

Germinal ne se pose pas comme l’organe d’un Parti, dans la mesure où les conditions nécessaires à la reconstitution d’un véritable Parti, au sens historique de ce mot, ne sont pas aujourd’hui réunies. Prenant en compte cette situation, l’objectif de Germinal est de contribuer à créer les conditions d’une reconstitution de l’organisation des classes populaires, afin que celles-ci puissent se ressaisir de l’initiative historique. Germinal vise à jouer le rôle d’un journal organisateur concourant à la réalisation de cet objectif.

Pour l’heure cependant, les facteurs de reconstitution d’une organisation des classes populaires et d’un ressaisissement de leur initiative historique, sont loin d’être forgés. Aussi bien l’ambition de Germinal s’inscrit-elle dans une perspective à long et moyen terme. Des tâches théoriques et pratiques découlent de cette ambition.

En premier lieu, il s’agit de situer les perspectives d’avenir des classes populaires dans l’ordre du possible historique. Quels que puissent être les besoins, les attentes, ces classes ne peuvent lutter de la même façon lors des périodes de revers historique, de perte de repères, et lors des périodes favorables à l’essor, à l’offensive, à la transformation du monde. La relation entre analyse de la réalité et action, entre politique et délimitation du possible, s’impose à chaque moment de l’histoire.

En second lieu, il s’agit sur cette base de dégager les éléments d’une formation politique générale qui permette aux classes populaires d’élever leur conscience, de situer leur propre mouvement, tant au regard des finalités communes qu’elles peuvent s’assigner, qu’au regard des conditions au sein desquelles se déroule ce mouvement. Il n’existe pas d’autre fondement pour qu’on puisse effectivement parler d’organisation politique du peuple.

Ces tâches, telles que Germinal se les est assignées, résultent d’un travail de longue haleine qui est loin d’être achevé. Les tâches à accomplir sont de la même envergure que celles qui furent réalisées par les premiers socialistes et communistes français entre 1830 et 1848, puis après 1870 par la reconstitution de l’organisation ouvrière, enfin par les théoriciens et organisateurs de la révolution soviétique, qui avaient eux-mêmes pris appui sur la théorie et la pratique des premiers socialistes et sur la théorisation marxiste.

Dans le contexte actuel, il peut se révéler difficile de saisir la nécessité et l’ampleur des tâches d’ordre historique qui sont à mener. La situation porte davantage à se tourner vers un passé estimé meilleur, elle porte aussi au découragement, au fatalisme, au désespoir, ou encore à un aventurisme qui égare le peuple et le conduit à terme à épuiser en vain ses forces subsistantes. Dans cette conjoncture, seul un petit nombre se révèle à même de “relever le flambeau”, s’atteler aux tâches de reconstitution de l’organisation populaire. Les forces théoriques ou pratiques sont limitées, du moins dans un premier temps, comme il en a été le cas lors d’autres périodes de reconstitution de l’organisation du peuple. Depuis quelques années cependant, ces forces sont en développement, car elles répondent aux besoins de repérage politique qui s’expriment au sein des classes populaires.

Les tâches générales que s’assigne Germinal peuvent sembler très “abstraites”, et comme telles, réputées inaccessibles à l’intelligence commune. Les classes populaires pourtant, n’en déplaisent aux experts, perçoivent très bien qu’elles ont besoin d’une vision d’ensemble de la situation dans leur pays et dans le monde, si elles veulent pouvoir dresser des perspectives pour l’avenir. Elles savent aussi qu’elles ont besoin de cette vision générale pour connaître les conditions au sein desquelles se déroulent leurs luttes, savoir quelles actions elles peuvent engager, qui soient capables de répondre tant à leurs intérêts immédiats qu’à leur intérêt historique, comme à celui de l’ensemble de la société [1].

Notes    (↵ Retourner au texte)

  1.  1. Faute de cette vision d’ensemble, les diverses chapelles qui prétendent défendre les intérêts particuliers de différentes catégories sociales essaient de «tirer la couverture» de leur côté en fonction de leurs souhaits respectifs, sans se préoccuper des conditions réelles, sans savoir si les revendications proclamées se font ou non au détriment des autres. C’est alors la loi de la jungle, la lutte de tous contre tous, la réaction, qui s’imposent, et non la lutte historique des classes populaires, qui elle, vise à instaurer un régime social abolissant l’anarchie du mode de production capitaliste et ses effets destructeurs sur l’ensemble de la société.

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