Libertarianisme, Libéralisme Contre le socialisme et ses Spectres
A propos de la politique récente conduite par le Président des états-Unis, Donald Trump depuis son élection, ou de celle du Président de l’Argentine, Xavier Milei, les mots d’Anarcho-capitalisme ou de Libertarianisme ont été utilisés, en isolant ce dernier terme d’un courant plus large celui du Libéralisme économique [courant à ne pas confondre avec le libéralisme politique].
Le courant libéral s’est constitué
contre le courant socialiste et ses fantômes
Depuis que les groupements humains sont sortis de “l’état de nature”, et ceci depuis l’Antiquité, la forme Société s’est constituée sur la base de deux principaux facteurs [12] : un facteur qui relève de principes et “lois” économiques immanentes posées comme “naturelles” (bien que construites par les hommes eux-mêmes) et le facteur qui relève de l’intentionnalité humaine et de l’art humain, principalement l’art politique, grand instituteur historique des divers lieux politiques Cités, États, Empires [13]. L’idéologie libérale (ou libertarienne), prétend «librement» imposer à l’organisation sociale et politique des sociétés comprises dans le sens de société civile (ou civilisée), les seules lois économiques immanentes des régimes de production et d’échange, subsumant les principes politiques qui les ont historiquement construites. Ce qui ne signifie pas que les tenants de cette idéologie rejettent toute fonction de l’État, plus spécialement lorsqu’il est question de protéger le régime économique calquant sur lui le mode de structuration de toute la société.
Au sein de la science économique du milieu du XIXe siècle en France, la logique interne du courant d’idée libéral (au sens économique du terme) a durablement prévalu. Par plusieurs des principes qu’il théorise, ce courant n’était pas sans présenter quelques traits “libertariens”, ou “anarcho-capitalistes”. Pour les premiers théoriciens socialistes, opposés au régime au Capital, l’anarchie n’était-elle pas déjà posée comme expression de la propre “logique”, interne anarchique, de ce régime. Ne parlait-on pas alors d’anarchie de la production capitaliste et de son caractère absurde. L’idéologie et la pratique libérale se sont, de fait, constituées contre le courant socialiste alors en formation, et avec la volonté de soumettre toute la société aux seules lois d’un capitalisme alors en voie d’expansion. Pour ces économistes libéraux, le socialisme (ou le communisme), leur prétention à user de leviers politiques pour transformer la société, ne pouvait pas en effet relever de la “science” dont ils se réclamaient eux-mêmes. La volonté de régler les ensembles sociaux en fonction des besoins de la société, et de la population, se présentait pour ces Libéraux ultras comme autant des chimères, ou d’utopies, expressions inadéquates d’un volontarisme humain, “criminel et spoliateur”. Pour mieux dénier aux théoriciens socialistes de l’économie tout accès au statut de science, ils feignaient d’ignorer le contenu théorique de leurs critiques majeures à l’encontre l’économie libérale.
Autour de l’année 1848, on assistait ainsi déjà à une « lutte entre deux camps » – formule utilisée par François Vidal, secrétaire de la commission du Luxembourg, lutte – toujours selon Vidal – entre ceux (les socialistes), qui voulaient transformer les constitutions économiques, en s’appuyant sur les potentialités qu’elles recèlent, et les libéraux en matière d’économie, conservateurs de l’ordre économique alors en voie d’extension (capitalisme). La lutte entre deux écoles tournait, au plan des idées, autour de la question de la “nature” de la “science” économique et des fondements, principes et lois qui la régissent.