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Déconstruire les repères sociaux de classes Jean-Luc Melenchon, L’Ere du peuple, février 2016

Jean-Luc Mélenchon, vieux routier de la politique, est souvent d’un abord sympathique en dépit de ses foucades. Ses interventions dans le débat public se révèlent souvent réjouissantes, n’aident-elles pas les auditeurs à soutenir leur attention lorsque la discussion s’éternise et s’enlise. Sa conception du monde et les orientations qu’il propose dans L’ère du peuple (février 2016 [1]), ne s’en présentent pas moins de façon quelque peu nébuleuse. On en donnera ici quelques aperçus.

Remise en cause du statu quo mondial

La partie consacrée aux relations internationales est relativement claire. Jean-Luc Mélenchon remet en cause l’ordre mondial, tel que celui-ci lui semble s’être trouvé fixé au profit des États-Unis après le repartage de 1945. Il veut un renversement des alliances de la France (et de l’Europe), principalement à l’encontre de la puissance américaine. Il préconise un recentrement sur les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et autres pays d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie.

La France a selon lui intérêt à une nouvelle alliance mondiale au moyen d’institutions “universalistes”, au demeurant mal définies. « Nous devons retrouver notre défense souveraine contre l’impérialisme nord-américain et son outil militaire. »

La France lui paraît en effet intégrée servilement aux politiques de « l’empire nord-américain », celui-ci est présumé dénoncer périodiquement d’abominables ennemis, à fin de conforter sa puissance militaire, sous les auspices doctrinales de la théorie du « choc des civilisations » (Samuel Huntington). Selon Jean-Luc Mélenchon, nous n’avons rien à faire dans l’OTAN, l’Europe non plus. Il se prononce clairement pour un partenariat avec la Russie (Il reproche à Hollande d’avoir donné son accord à Chicago pour l’installation en Europe du bouclier antimissile, bouclier visant 75% des installations de défense russes).

La nouvelle politique d’alliances pour la France vaut pour l’ensemble européen. Les États-Unis selon lui auraient vu d’un mauvais œil l’émergence de l’euro. La crise grecque, qui a failli emporter la monnaie unique européenne, se serait déclenchée à l’instigation d’un consortium de banques nord-américaines. Il préconise la constitution d’une nouvelle alliance « universaliste, pour un monde ordonné, facteur de paix, différent du monde multipolaire. La nouvelle alliance devrait reposer sur des alliances naturelles avec les puissances qui mettent en cause tout ce qui fait la suprématie des États-Unis, celles qui desserrent l’étau nord-américain, dont une Europe délivrée du poids de la puissance américaine.  Ce qui, pour « nous Français » serait appréciable pour récupérer notre indépendance. Quand les États-Unis perdront la première place, estime-t-il, cela restructurera radicalement d’un coup l’ensemble de l’ordre géopolitique.

La France devrait en outre se rallier à la proposition chinoise de créer une « monnaie commune mondiale ». 

Le nombre des êtres humains ou le « mystère de l’accélération de l’histoire »

Si l’on ne centre plus l’attention sur les propositions qui touchent au nouvel ordre international projeté, le propos ne se présente pas comme aussi limpide, c’est un euphémisme. Seuls ceux qui sont capables de donner sens à la phraséologie ésotérique d’un Edgar Morin ou d’un Alain Badiou, pourront en faire leur miel. Comme l’indique l’auteur, les pages qu’il propose reprennent nombre d’arguments et points de vue, qu’il a “collectés” au fil de ses lectures, ses combats et rencontres. Il procède à « la mise en cohérence de [ces] données éparpillées, pour en faire une vision globale ».

Selon Jean-Luc Mélenchon, qui parfois recourt à quelques à quelques références marxistes, le « moteur de l’histoire » n’est plus la « lutte des classes », mais le nombre d’êtres humains, ou plus précisément de « consommateurs ». « L’histoire des sociétés humaines dépend directement de cette donnée, le nombre ». « Le nombre des êtres humains est l’explication du mystère de ce qu’on appelle l’accélération de l’histoire ». Ce nombre n’est pas seulement une quantité, c’est « le facteur décisif de la « façon de vivre [des êtres humains] et d’être en relation entre eux  avec leur écosystème ». « Le nombre des consommateurs et la raréfaction des ressources qui en résulte,  sont bien le « moteur de l’histoire ». D’où cette formule lapidaire : « voir les pulsations du nombre des humains comme le sujet de l’histoire ».

De 2009 à 2014, la population mondiale a augmenté d’un milliard d’individus.Nous sommes entrés, indique Jean-Luc Mélenchon, dans l’ère de l’anthropocène et de l’homo urbanus (80 % de la population vit en ville en Europe et sur le continent américain). Les activités humaines, liées à cette donnée du nombre, entraînent des dégâts irréversibles sur le climat et la biodiversité. Et dans le « mode néolibéral productiviste » qui domine notre temps, c’est la cupidité sui commande et le pillage, détruisant les forces de vie.

Le nombre toutefois contraint aussi à faire de la politique, « c’est-à-dire à se préoccuper de la façon de vivre tous ensemble ». Il enjoint à entrer dans une « autre manière de produire et de consommer », « parti pris pour l’intelligence et le dévouement de chacun au bien commun ». La république dès lors entre dans « l’ère écologique »,  étendant « les droits de l’homme et du citoyen aux questions écologiques », en fonction d’un « intérêt général humain écologique ».

Une « insurrection morale permanente » contre le « productivisme »

Jean-Luc Mélenchon fait état de l’incroyable défi écologique et géopolitique qui, bien davantage  que n’importe quel terrorisme, menace d’anéantir la civilisation humaine. Ce diagnostic le conduit à concentrer la critique moins sur le régime capitaliste en tant que tel que sur le “productivisme”, en fin de compte danger essentiel rongeant la civilisation humaine actuelle.

Le chaos qui s’avance est selon lui la « conséquence directe de ce productivisme », et celui-ci tient à la domination du mode « néolibéral », vecteur de cupidité, de violence sociale, d’irresponsabilité écologique. Le productivisme n’est pas seulement un modèle économique, c’est un modèle culturel. Le « moins cher », qui s’obtient au prix du sang et des larmes, est un argument de vente, une motivation d’achat. « Moins cher » est le nom des délocalisations, baisses des salaires, abandons des normes sanitaires et environnementales, privatisations des services publics » L’individualisme égotique des consommateurs fonctionne comme un envoûtement, l’intérêt général n’y a pas de place, il est rendu invisible. De ce fait, « le productivisme » ne peut être considéré seulement « comme modèle économique, c’est un modèle culturel », qui nous enjoint au choix d’un « insurrection morale permanente. » 

Bien que le candidat Mélenchon puisse prendre en compte les crises périodiques qui traversent le mode de production capitaliste depuis le XIXe siècle, il n’établit pas que les diverses crises qui se succèdent depuis les années 70 résultent d’un seul et même processus, d’une seule et même crise générale de ce mode de production (de même nature que celles advenues lors les décennies qui ont précédé les Guerres mondiales). Bien qu’il puisse évoquer « la loi du marché », « la dictature de la marchandise », il attribue cette succession de crises, et la dernière celle de 2008, à la seule finance, à la « caste toute puissante », l’oligarchie, née de la « globalisation financière » et qui gouverne tout. De ce fait, il ne peut porter intérêt aux déterminations de la nouvelle grande crise qui affecte l’ensemble du monde depuis près d’un demi siècle. Pourquoi, dit-il, devrait-on parler de crise « comme on le fait depuis trente ans », « il n’y a pas de crise, mais trois bifurcations du monde » : une civilisation humaine confrontée à l’explosion du nombre de ses membres, un changement climatique irréversible, un retournement de l’ordre géopolitique.

Transformer le capitalisme par la “règle verte” et la « propriété sociale du temps »

 L’enjeu “écologiste” est central dans la problématique de Jean-Luc Mélenchon. Pour combattre le productivisme néo-libéral, il propose de mettre en œuvre « la règle verte », c’est-à-dire de ne pas prélever davantage à la nature que ce qu’elle peut reconstituer. Il s’agit d’instituer « une autre manière de produire et de consommer ». La règle verte permettra de réguler la production d’objets obsolescents, de ceux qui creusent « la dette écologique », selon lui « autrement plus inquiétante que la dette publique ».

« La règle verte est un parti pris pour l’intelligence et le dévouement de chacun au bien commun […] elle fait rentrer la République dans l’âge écologiste, elle étend « les droits de l’homme et du citoyen aux questions écologiques, en fonction de l’intérêt général humain écologique… ».

L’imposition de la “règle verte” implique de substituer au pouvoir actuel un autre pouvoir, de nouveaux droits, « écologiques » : lanceurs d’alerte, institution de délégués environnementaux, tribuns du peuple en charge du respect de la règle verte, défenseurs attitrés, qui auront un droit de veto suspensif sur les projets écologiquement insoutenables [2]

Le temps de l’écologie est toutefois un temps long. Or, selon Jean-Luc Mélenchon, nous sommes dans un temps court, contraint, celui de la production capitaliste des marchandises (l’esclave ramène sa chaîne à la maison avec son ordinateur et son téléphone portable…). Ce sont « les droits de la propriété du capital qui fixent ses exigences de profit dans le temps court ». « Le temps court est une dictature ». Il faut instaurer la « propriété sociale du temps », alternative exemplaire à la propriété capitaliste, « idée radicalement neuve ».  Dès lors les temps sociaux seront harmonisés à partir des personnes plutôt que des marchandises. Par la gestion écologique de la société, c’est la reconquête du droit au temps long, le début du « bien vivre ».

La révolution citoyenne et « l’écosocialisme » enjeux d’une révolution non socialiste

Selon Edgar Morin, « l’écosocialisme est une politique de civilisation ». Jean-Luc Melenchon s’est emparé du thème. L’écosocialisme est une alternative pour sortir de la crise, imposer « l’intérêt général humain ». On pourra partager les richesses « sans attendre » [qu’elles soient produites ?], fonder une nouvelle économie des besoins et de la sobriété, préserver le climat, l’écosystème et sa biodiversité. « L’intérêt général humain » unit « l’écologie politique » et le projet de « République sociale et universelle ». L’écosocialisme n’est pas selon Jean-Luc Mélenchon une utopie, il constitue la synthèse d’une écologie nécessairement “anticapitaliste” et d’un socialisme débarrassé des logiques du productivisme. Pour le candidat à l’élection présidentielle, l’écosocialisme a peu à voir avec « l’ancienne révolution socialiste », bien qu’il puisse inclure nombre de tâches que celle-ci devait prendre en charge : la lutte pour l’égalité du bien-être, le contrôle collectif des biens communs, l’éducation de tous. La “révolution citoyenne” vise des objectifs plus amples que l’ancienne révolution socialiste, ceux de « l’intérêt général humain ». Dans la continuité du programme anti productiviste, elle part de l’évaluation des « rapports de l’humanité avec l’écosystème et des tâches qui en découlent ».

Pour instaurer cet écosocialisme, le chemin de la « révolution citoyenne » se met en mouvement, contre un capitalisme limité au “productivisme néo-libéral”, dans la dépendance de « l’oligarchie financière mondialisée ». Cette oligarchie [davantage que le régime de production capitaliste, dont elle n’est qu’une émanation] se présente comme l’essence commune des « vrais coupables » : les gouvernements soumis aux lobbies des multinationales, les idéologues de la concurrence).

Trois piliers de l’ordre de la société sont visés par la « révolution citoyenne » (et/ou « l’écosocialisme »). A la place de la concurrence libre et non faussée doivent se retrouver la solidarité, la production coopérative et la « règle verte ». S’agissant de la propriété, il s’agit de faire prévaloir un droit d’usage, plus spécialement pour les biens communs : l’eau, l’air, la terre, le savoir. Ensuite, remettre en cause l’ordre juridique et institutionnel en place, la hiérarchie des normes et des pouvoirs. La nouvelle république devra décider si elle est parlementaire ou présidentielle, avancer dans les nouvelles directions que l’expérience a permis de dégager (tels le pouvoir électoral au Venezuela, la reconnaissance de la nature comme sujet de droit en Equateur et Bolivie, la liberté de choix du genre en Argentine, ou de disposer de soi dans la fécondité comme devant la mort, le droit d’insurrection contre les autorités en place par référendum révocatoire, etc.).

 

 

Contre la dictature des oligarchies financières ou du prolétariat. Conférer la souveraineté aux « multitudes citadines »

Jean-Luc Mélenchon ne fait pas silence sur les classes sociales, ce qui le distingue de la plupart des autres (grands) candidats. Pour lui, l’accès à la visibilité des différentes classes constitue un enjeu. Les classes qui ont été rendues invisibles aux yeux des autres le sont également à leurs propres yeux. A l’inverse, les catégories « hyper visibles » peuvent faire croire que la représentation d’elles-mêmes est la seule réalité sociale effective. Reprenant les analyses de Christophe Guilluy, il signale que les ouvriers et les employés, qui  forment la classe sociale la plus nombreuse en France, ne représentent que 2% des personnages visibles à la télévision, les pauvres et les précaires y existant encore moins. Les cadres en revanche occupent 60% des rôles visibles dans le discours publics et les représentations, les pauvres sont tout simplement inexistants, bien qu’ils représentent près de 16% de la population.

S’agissant de la classe moyenne, dont il n’est pas possible de dresser les contours, trop de statuts sociaux différent entrant dans sa composition. Cette présumée « classe moyenne », indique Jean-Luc Mélenchon, oscille entre le conservatisme de ses positions acquises et la rage civique, la peur du déclassement pouvant la pousser à des solutions radicales de toute nature.  C’est cependant au sein de ce conglomérat, surtout auprès des milieux bien éduqués et qualifiés qu’il semble devoir trouver le point d’appui pour sa « révolution citoyenne », qui se substitue à la révolution prolétarienne et au rôle directeur de la classe ouvrière.

Certes, les « multitudes urbanisées » qui sont au cœur du projet se présentent, du fait de la « ségrégation spatiale » qui les isole, comme inaptes à exister comme « acteur collectif ». Cette inertie et cette dissociation peuvent cependant se retourner en « conscience collective ». Mélenchon s’appuie ici sur le schéma de Sartre sur la formation de rassemblements inertes en groupes. La multitude citadine devrait constituer un levier décisif pour le déclenchement du « changement radical » auquel il aspire. On ne peut en effet proposer comme idéal à cette “classe” de s’identifier à un improbable prolétariat [et à la révolution socialiste], on pourra en revanche la conduire à s’identifier à un « peuple » dont il s’agit de modifier la définition.

La « multitude citadine » se forme en peuple sous l’effet de « la température politique »

Le peuple, pour Jean-Luc Mélenchon, c’est la « multitude urbanisée » prenant conscience d’elle-même au travers de revendications communes qui s’enracinent dans « les soucis quotidiens de l’existence concrète ». Cette multitude, substrat de la « révolution citoyenne », deviendrait peuple [politique] par son action collective, par sa mise en réseau, sous l’effet  des événements et des actions politiques. « Ce n’est pas le réseau qui crée le peuple en action mais l’inverse. Le peuple existe quand il se met en réseau […] les relations urbaines unifient. » [3] Pour faire bref, la multitude citadine « se transforme en peuple sous l’action de la chaleur ». « Quand la multitude cesse d’être l’agitation individuelle des citadins vaquant à leurs affaires personnelles, quand elle prend en charge des revendications communes, alors elle change de nature […], elle passe à un autre état sous l’effet de la température politique que l’action réchauffe […] c’est alors qu’apparaît l’acteur politique de notre temps : le peuple ».

Indépendamment de ses positionnements au sein des rapports sociaux, la multitude citadine se transformerait en peuple, en se donnant « dans l’action » des buts communs. Dans le schéma de Jean-Luc Mélenchon, le peuple se constitue dans l’immédiateté, non en fonction de visées historiques générales. La multitude devient le peuple en cherchant à « assurer sa souveraineté sur l’espace qu’elle occupe ». Il s’agit davantage ici d’un processus plus ou moins spontané, acte fondateur constituant, selon Mélenchon, de la conquête de la souveraineté par le peuple. Il ne s’agit ici ni d’une véritable pratique politique, ni de souveraineté effective. Le concept de souveraineté est dévoyé, puisque la souveraineté suppose une maîtrise effective sur son devenir, maîtrise qui ne peut découler de la seule “expérimentation” citoyenne, mais qui requiert une vue générale de la finalité à atteindre et des moyens pour y parvenir, en fonction d’une claire saisie des données socio-historiques. Quant à la pratique politique, celle-ci suppose, comme toute pratique, une vue générale de la finalité à atteindre et des moyens pour y parvenir, en fonction de conditions historiques déterminées.

A quoi s’oppose la multitude citadine constituée en nouveau  peuple ? Que désire-t-elle ?

Le nouveau peuple [au contraire du prolétariat qui visait « l’ancienne révolution socialiste] ne semble pas avoir pour objectif de toucher au fondement du régime capitaliste pour émanciper l’ensemble de la société, et non seulement lui-même : la multitude citadine des pays développés. Ce nouveau peuple semble se borner à disputer le pouvoir à « l’oligarchie financière », « directement et physiquement » « avec un programme spontané » qui porte la négation de « l’ordre établi ». « Ce programme c’est le bien vivre ensemble tel que la ville le fait désirer » […] un « collectivisme spontané. »

Il s’agit ainsi pour la « révolution citoyenne » de la multitude citadine de changer en quelque sorte les tenants du pouvoir (“dégagisme”). Un nouvel organe d’action se constitue comme « pouvoir concurrent » à celui de l’autorité légale. « L’assemblée citoyenne se substitue aux autorités défaillantes et instaure de fait la loi que des citoyens réunis en nombre décident d’appliquer. » La Constituante projetée, qui donnerait naissance à une VIe République, n’est pas un arrangement technique pour peaufiner les rouages. C’est une révolution de l’ordre “politique” pour instaurer le « pouvoir du peuple », un pseudo peuple qui semble devoir exclure les “anciennes” classes populaires sous la nouvelle domination qu’il prétend instaurer.



Notes    (↵ Retourner au texte)
  1. 1. Intitulés des chapitres : La loi du nombre, L’ère de l’anthropocène, Le retournement politique du monde, Le nouvel ordre du temps, Homo urbanus , Le peuple et sa révolution, Rompre l’envoûtement, Fin des vieux programmes.
  2. 2. Ce qui implique une nouvelle bureaucratie non élue, non mandatée, pour le nouvel ordre écologique, la police des “bonnes mœurs écologiques”, codifiées par qui ? pour qui ?
  3. 3. Ainsi, ce n’est pas la place des différentes catégories sociales  au regard des rapports sociaux de production qui détermine leur qualité de peuple, mais la mise en réseau, les relations urbaines. Appliqué au peuple, le postulat idéaliste d’Althusser, selon lequel c’est la lutte de classes qui fait les classes, est ici reconduit.

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