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Javier Milei Discours de Davos, 23 janvier 2025

Le discours de Javier Milei est disponible sur

le Site Le Grand Continent.

 

Javier Milei, économiste, dirigeant du Parti Libertarien, a pris ses fonctions comme président de l’Argentine le 10 décembre 2023. Sa formule consistant à tailler dans les dépenses sociales «  à la tronçonneuse  », qui l’a rendu célèbre, s’inscrit dans le courant de pensée représenté par l’Autrichien Hayek, pour qui l’intervention de l’État est inutile puisque le capitalisme porte en lui une capacité d’autorégulation et les crises en sont une forme d’assainissement.
Milei commence par désigner une cible, qu’il appelle «  collectivisme  » ou «  socialisme  », mais qui n’est que les différentes formes d’intervention de l’État dans l’économie, et non la définition, qu’il juge étroite, de détention de tous les moyens de production par l’État. Ces deux termes sont associés à la pauvreté, et Milei les oppose à «  l’Occident  », dont le modèle initial serait la «  liberté  ». On voit bien vite que derrière les termes de «  collectivisme  » et de «  socialisme  », il désigne la «  justice sociale  » comme nous la pratiquons en Europe, les politiques de redistribution et d’aide aux citoyens les moins dotés, et n’évoque absolument pas l’URSS ou Cuba, puisqu’il dit que «  ce concept […] est devenu à la mode dans le premier monde au cours de la dernière décennie  », donc dans les années 2010. Selon cette logique, l’impôt est une «  coercition  ». Les luttes féministes ou écologiques, substitut des luttes de classes, en tant que base de règlementations, sont une entrave au jeu du marché. Toute velléité de régulation de l’économie de marché est «  collectiviste  » à ses yeux.
Il affirme que sous le régime du capitalisme libéral, la richesse du monde et des individus n’a cessé d’augmenter depuis 1800. Cela est indiscutable. Il déduit de cette observation empirique une conclusion exclusive  : «  loin d’être la cause de nos problèmes, le capitalisme de libre entreprise en tant que système économique est le seul outil dont nous disposons pour mettre fin à la faim, à la pauvreté et à la misère dans le monde  ».
Son modèle économique est le libertarianisme, dont la définition, empruntée à son mentor Alberto Benegas Lynch, est  :
«  le respect sans restriction du projet de vie d’autrui, fondé sur le principe de non-agression, en défense de la vie, de la liberté et de la propriété des individus. Ses institutions fondamentales sont la propriété privée, les marchés libres de toute intervention de l’État, la libre concurrence, la division du travail et la coopération sociale. Où l’on ne peut réussir qu’en servant son prochain avec des biens de meilleure qualité ou à meilleur prix.  »
Milei suppose, comme Jean-Baptiste Say dans sa «  loi des débouchés  », qu’il ne peut y avoir surproduction parce que le marché est une «  découverte  » et que les entrepreneurs s’y adapteront naturellement  : «  Le marché est un mécanisme de coopération sociale où les droits de propriété sont échangés volontairement. Par conséquent, compte tenu de cette définition, la défaillance du marché est un oxymore. La défaillance du marché n’existe pas  ». S’il y a défaillance, poursuit-il, c’est qu’il y a intervention de l’État. Pourtant, empiriquement parlant, il ignore la situation naturelle par laquelle plusieurs entrepreneurs se lancent en même temps, avec des produits similaires, sur un même marché, empêchant la réalisation de la valeur de toutes les marchandises produites.
Le discours de Milei peut prendre auprès de la population parce qu’il confond règlementations qui embarrassent tout entrepreneur, du plus petit au plus gros, et organisation rationnelle de la société et de la production en fonction des ses besoins généraux.
V. M.

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