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Quelques repères chronologiques

— 1991, Dissolution de l’URSS. Les USA s’engagent verbalement vis-à-vis de Gorbatchev à ne jamais étendre l’OTAN vers l’Est. Ces engagements aujourd’hui contestés furent confirmés par la suite par de nombreux dirigeants du monde occidental[7].

— 1991  : Traité de Minsk (à ne pas confondre avec les négociations de Minsk de 2014-2015). Ce traité entérine la dissolution de l’URSS, et donne naissance à la CEI (Russie, Ukraine, Biélorussie). Par la suite, huit anciennes républiques de l’ensemble soviétique y adhèrent, sans les Pays Baltes et la Géorgie qui refusent l’adhésion.

— Dès 1992, des relations se nouent entre l’Ukraine et l’OTAN. L’Ukraine engage un plan d’action pour l’adhésion, interrompu après l’élection présidentielle de 2010. Viktor Ianoukovitch est élu avec un programme qui prône une Ukraine «  neutre  ».

— 1994  : Mémorandum de Budapest (Russie, USA, GB) selon laquelle l’intégrité territoriale de l’Ukraine doit être respectée [8].

— 1999  : Adhésion à l’OTAN de la Pologne, la Hongrie, la République tchèque.

— 2004  : Adhésion à l’OTAN de la Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie
En dépit de ces adhésions ou propositions d’adhésions, la Russie ne passe pas à l’attaque, se contentant de réagir, jusqu’à l’élargissement de l’OTAN en 2007.

— 2008  : La donne change. L’OTAN donne son aval à une proposition d’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie. La France et Allemagne s’y opposent.

— 2013-2014  : L’Ukraine est plus que jamais partagée entre le projet d’intégration économique à l’Union européenne et la proposition d’union douanière russe.

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“Soulèvement de l’Euromaïdan ” (18-23 février 2014)

L’enjeu de ce soulèvement peut être mis en relation avec une décision du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, celui-ci refuse de signer l’accord d’association proposé par l’Union européenne. En réaction à ce refus, des manifestations en faveur de la signature se constituent. Elles vont regrouper à Kiev 100 000 personnes sur la Place Maïdan. Les manifestants favorables à l’accord d’association exigent la démission du président. Ce dernier confirme son choix en faveur de la proposition d’union douanière avec la Russie [9].

S’agissant des causes immédiates, le soulèvement, non exempt d’ingérences étrangères, se déclenche à la suite d’incidents entre police et manifestants, le Président élu, Viktor Ianoukovytch, ayant donné l’ordre d’évacuer la Place Maïdan. Les policiers essaient de reprendre le contrôle de la place, sans y parvenir. Poussé à la démission, Ianoukovytch refuse et parle de « coup d’État ». Il annonce l’organisation d’élections anticipées ainsi qu’un retour à la Constitution de 2004 [10]. Des négociations de sortie de crise sont entamées avec l’opposition et les ministres des affaires étrangères allemand, polonais et français. Sous la menace des manifestants Ianoukovitch finit par s’enfuir tandis que la Rada (Parlement ukrainien) le destitue par les voix de 328 députés sur 450 [en violation avec l’article 111 de la Constitution — 338 votes étaient nécessaires ainsi que l’avis du Conseil constitutionnel [11]].

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Les conséquences de la “révolution”  : Guerre civile, Division de l’Ukraine

— À Kiev, les affrontements entre pro-Maïdan et anti-Maïdan tournent au profit des premiers. Les pro-Maïdan sont toutefois minoritaires dans plusieurs régions du Sud-Est  : Donetsk, Loughansk, Kharkiv. Une partie de l’Est du pays et quelques députés ne reconnaissent pas les nouvelles institutions. L’abolition de la loi sur les langues régionales, votée par la Rada, qui interdit l’usage de la langue russe, met le feu aux poudres. Des brigades d’auto-défense sont créées, notamment à Sébastopol, où un nouveau maire (pro-russe) est élu à main levée pour «  le retour à la stabilité  ».

— Début mars, la république autonome de Crimée est de facto détachée de Kiev. Les députés de Crimée votent l’organisation d’un référendum d’autonomie, la population se prononce à 96,6% en faveur d’un rattachement à la Russie. Le 18 mars, un traité entérine ce rattachement, les pays occidentaux s’opposent à ces actes, qualifiés d’annexion. L’Union Européenne vote des sanctions économiques contre la Russie.

— Au cours du mois d’avril, de violents affrontements éclatent dans la région du Dombass, entre les loyalistes et les séparatistes, secrètement soutenus et armés par la Russie. Ces forces prennent d’assaut plusieurs villes dans la région de Donetsk et de Louhansk et proclament l’indépendance des deux régions. Des référendums d’auto-détermination sont organisés le 11 mai 2014 et valident ce choix. La guerre entre ces deux parties de l’Ukraine ne cesse pas jusqu’au déclenchement de l’intervention russe de 2022. Les populations du Donetsk et de Louhansk sont assiégées durant toute cette période. On compte des milliers de morts (14 000) au cours des sept années de siège [12].

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— Mai 2014. Petro Porochenko est élu Président de la République. Il est partisan de l’adhésion à l’OTAN et à l’Union Européenne.

— 2 mai 2014  : à la suite d’affrontements entre “pro-Maïdan” et “anti-Maïdan“ (ou “pro-russes”), ces derniers retranchés dans la Maison des syndicats sont assiégés par des milices du «  Pravy Sektor  » qui mettent le feu au bâtiment (de 40 à 50 morts brûlés, asphyxiés, précipités par les fenêtres). Les médias français sont discrets. Aucune enquête des autorités [13].

— Septembre 2014  : Un cessez-le-feu entre les deux parties ukrainiennes est signé à Minsk.

— Octobre 2014  : Élections législatives. Le nouveau gouvernement fait de l’adhésion à l’OTAN une priorité.

— Septembre 2014 et février 2015 / Négociations de Minsk  : Les détails de l’accord s’inspirent du plan de paix en 15 points proposé par le président ukrainien Petro Porochenko. Signataires du document  : l’envoyée spéciale de l’OSCE, Heidi Tagliavini, l’ancien président de l’Ukraine, Leonid Koutchma, l’ambassadeur russe en Ukraine, Mikhaïl Zourabov, les dirigeants des républiques séparatistes de Donetsk et Lougansk [14].
[Des violations de ces accords se révéleront fréquentes après leur signature en septembre 2014 et février 2015].

— Décembre 2014. Le Parlement ukrainien renonce au statut de neutralité de l’Ukraine. La Rada ukrainienne (sans les séparatistes) vote en faveur d’une adhésion à l’OTAN.

— Janvier 2015  : Le 24, les “séparatistes” bombardent la ville de Marioupol, située sur la mer d’Azov entre la frontière russe et la Crimée, causant le mort d’une trentaine de civils.

— Février 2015  : De nouvelles négociations ont lieu entre la Russie et l’Ukraine, auxquelles participent l’Allemagne et la France. Angela Merkel et François Hollande se rendent à Kiev puis à Moscou afin de proposer à Petro Porochenko et à Vladimir Poutine un plan de règlement du conflit, mais celui-ci se poursuit. La Russie annonce un nouveau cessez-le-feu.

— Décembre 2017  : Les États-Unis fournissent des armes dites «  défensives  » à l’Ukraine.

— Août 2018  : Le “séparatiste” Alexandre Zakhartchenko est assassiné à Donetsk.

— Novembre 2018  : Trois navires de la Marine ukrainienne sont arraisonnés par les forces russes sous le pont de Crimée, 24 membres d’équipage sont arrêtés. Le lendemain, le président Porochenko décrète la loi martiale pour trente jours dans les régions russophones de l’Est du pays.

— Février 2019  : Le préambule de la Constitution de l’Ukraine est modifié en vue de lui permettre de rejoindre l’OTAN et l’Union européenne.

— Mai 2019  : Volodymyr Zelensky est élu président de l’Ukraine face à son prédécesseur Petro Porochenko. Il annonce aussitôt la dissolution du Parlement.

— Août 2019  : Emmanuel Macron rencontre Vladimir Poutine à Brégançon. Il déclare vouloir réinventer «  une architecture de confiance et de sécurité en Europe  », incluant la Russie.

— Septembre 2019  : Les 24 marins ukrainiens ainsi que dix autres citoyens sont libérés dans le cadre d’un échange de prisonniers.

— Octobre 2019  : Des représentants ukrainiens et russes se réunissent à Minsk sous la protection de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Ils s’accordent à organiser des élections dans les régions séparatistes du Donbass afin de leur octroyer un statut spécial. Des milliers de manifestants manifestent en Ukraine, ils y voient une capitulation face à la Russie.

— Décembre 2019  : Les dirigeants russe, ukrainien, français et allemand se rencontrent. Ils discutent de l’accord visant à réguler le transit du gaz russe en Ukraine vers l’Europe (accord conclu en 2009 et arrivant à terme le 31 décembre 2019). La Russie et l’Ukraine concluent un nouvel accord de cinq ans.

— Juin 2020  : L’Ukraine rejoint le programme d’interopérabilité renforcée et de coopération des partenaires de l’OTAN qui reconnaît l’Ukraine comme partenaire.

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Dans sa bienveillance démocratique, le “monde libre” résiste à toute escalade

— Avril 2021  : Poutine rappelle que Moscou sera contraint de réagir si l’OTAN franchit les “lignes rouges” («  nouvelle expansion vers l’Est  »). Il insiste sur la nécessité de «  garanties de sécurité  » pour mettre fin à l’escalade. Dans le même temps, la Russie mobilise 100 000 hommes et plus à la frontière de l’Ukraine.

— Juin 2021  : Au Sommet de l’OTAN à Bruxelles, est réitérée la décision du Sommet de Bucarest selon laquelle l’Ukraine doit devenir membre de l’OTAN. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stolenbreg souligne que la Russie ne pourra pas y opposer son veto. Le président américain Joe Biden et son homologue russe Vladimir Poutine se rencontrent à Genève et discutent de questions stratégiques.
L’OTAN et les forces de l’Ukraine organisent des exercices communs en Mer noire (Sea Breeze 2021).

— Septembre 2021— A l’occasion de la préparation d’exercices communs prévus pour 2022 (Defender 22), se tient une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN afin d’établir un Master Plan visant à renforcer leurs alliances militaires contre la Russie (repositionnement du front occidental). Le Site German-Foreign-Policy titre  : «  Un front plus uni contre la Russie  » (UE, USA, OTAN).

— Octobre 2021  : En coopération avec les 32 pays de l’OTAN, la Bundeswehr met en œuvre des cartes détaillées de la Russie, en «  format militaire  ». Le Conseil allemand de politique étrangère (DGAP) appelle à de nouveaux investissements pour défendre les capacités militaires au sein de l’UE et de l’OTAN, mais aussi pour «  promouvoir un “Change in Russia”  »  : «  Le changement en Russie est la priorité  » (ceci en relation avec la promotion de contacts avec la diaspora russe).

— Novembre 2021  : Réunion à Riga des ministres des affaires étrangères de l’OTAN qui accentuent leur pression sur Moscou. Ils revendiquent le pouvoir d’interdire à la Russie de déployer des troupes sur des zones de son propre territoire (ce qu’ils ne s’interdisent pas eux-mêmes). Plusieurs autres mesures sont en discussion. Les forces armées américaines prévoient, avec des alliés de l’OTAN non spécifiés, de «  renforcer davantage la dissuasion crédible au combat vis-à-vis de la Russie  ».

Le Président Poutine réitère son avertissement d’avril à propos de l’extension de l’infrastructure militaire de l’OTAN en Ukraine (déploiement éventuel d’un système de défense anti-missile Aegis Ashore, comme celui déjà installé en Roumanie et qui devrait devenir opérationnel en Pologne en 2022). Ces systèmes pourraient atteindre Moscou en quelques minutes. Les ministres se félicitent d’avoir trouvé un «  langage commun  » concernant les mouvements de troupes russes [15].

La Russie déploie à nouveau des troupes à proximité de l’Ukraine.

— Décembre 2021  : Les États-Unis et la Russie s’entretiennent au sujet des tensions à la frontière ukrainienne. La Russie demande des garanties écrites sur la non-extension de l’OTAN à l’est du pays, au nom de la sécurité collective en Europe. Rien n’est concédé du côté de l’OTAN. De son côté, l’Ukraine demande à l’OTAN un «  paquet de dissuasion  » contre la Russie.

— Janvier 2022  : Alors que 100 000 soldats russes se trouvent toujours aux frontières de l’Ukraine, un sommet présidentiel russo-américain se tient à Genève. Il s’ensuit une réunion entre l’OTAN et la Russie ainsi que des discussions dans le cadre de l’OSCE. Ces rencontres ne donnent lieu à aucune solution, ni à la moindre concession pour la sécurité de la Russie sur son flanc occidental. Les États-Unis proposent une nouvelle aide militaire de 200 millions de dollars à l’Ukraine.

— 31 janvier 2022  : Le secrétaire ukrainien du Conseil de sécurité Nationale et de Défense déclare ne pas vouloir respecter les Accords de Minsk «  signés sous la menace des Russes sous le regard des Allemands et des Français  » et qui signifierait «  la destruction du pays.  »

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— Février 2022  : Emmanuel Macron rencontre Vladimir Poutine à Moscou. Joe Biden s’entretient avec lui à travers un appel diplomatique. La Russie pointe du doigt une «  hystérie américaine  », elle est aussitôt menacée par la Maison Blanche de «  répercussions sévères et rapides  ».

— 16 février 2022  : Les forces russes déployées aux frontières ukrainiennes se retirent, mais les “occidentaux” (principalement les États-Unis), indiquent l’imminence d’une opération militaire.

— 21 février 2022  : Vladimir Poutine reconnaît l’indépendance des régions de Donetsk et Louhansk, à l’Est de l’Ukraine. La mission de l’armée russe est posée par lui comme nécessité pour y maintenir la paix.

— 24 février 2022, huit ans après le soulèvement de l’Euromaïdan, les troupes russes investissent l’Ukraine.
Nul doute que la population française dans sa très grande majorité souhaiterait que la guerre prenne fin en Ukraine, qu’elle n’ait jamais commencé, que “Poutine” ne se soit jamais rendu coupable d’un tel forfait, que le monde, ou du moins notre pays, ne se retrouve pas, pour reprendre une expression du Président de la République, «  face au retour du tragique de l’histoire  ». En n’ignorant pas que ce “tragique”, certes un peu plus loin de nous depuis quelques décennies, n’a jamais cessé de hanter le monde. En n’ignorant pas non plus que le “monde libre” auquel nous appartenons n’a pas manqué d’y jouer sa part, d’y affirmer sa loi, lui seul étant autorisé à définir et enfreindre le droit international [16].

 



Notes    (↵ Retourner au texte)
  1. 7. Voir les Documents déclassifiés concernant les assurances données à la Russie contre l’expansion de l’OTAN à l’Est. Publiés par le National Security Archive  : «  NATO expansion  : What Gorbatchev Heard  ».
  2. 8. Pascal Marchand signale à ce propos  : «  C’est l’extension de l’organisation (OTAN) vers l’Est qui a provoqué [la réaction] de la Russie, pas l’inverse  ».
  3. 9. Dans le cadre de cette union, le président russe annonce la levée des barrières douanières entre les deux pays, et une baisse du prix du gaz, ainsi qu’un prêt de 15 milliards de dollars.
  4. 10. Le bilan des combats sera de 82 morts et 622 blessés.
  5. 11. Cinq membres de ce conseil seront renvoyés le lendemain par la Rada. Le gouvernement intérimaire (Arsenii Yatseniuk) déclare qu’il n’a pas l’intention de faire de l’Ukraine un membre de l’OTAN (il changera d’avis en août et soumettra un projet de loi visant à abroger le statut “hors bloc” de l’Ukraine).
  6. 12. Pour avoir une idée partielle de la situation des habitants des régions «  séparatistes  », voir le film documentaire d’Anne-Laure Bonnel, Donbass, sans aucun pathos [https  ://odysee.com/@Ti-bonheur  :7/DONBASS—Film-documentaire-dAnne-Laure-Bonnel-2015  :1] La guerre entre ces deux parties de l’Ukraine fera près de 14 000 morts et un million de personnes déplacées. Parmi d’autres commentateurs, c’est ce que confirme le rédacteur de la Lettre du Figaro Magazine (5 mars 2022), Jean-Christophe Buisson. Il tient cependant à préciser que «  si les habitants des régions de Donetsk et de Louhansk […] sont effectivement (et depuis sept ans !) victimes des bombes de leur propre pays  », la résolution de ce «  conflit gelé  » ne constitue qu’un «  prétexte pour le maître du Kremlin  ».
  7. 13. Voir la vidéo de Paul Moreira, «  Les masques de la révolution  » Special Investigation, février 2016. La vidéo décrit “les chaînes de causalité” des événements depuis l’Euromaïdan [https  ://youtu.be/nlXOCtXgVkE].
  8. 14. Le texte du protocole comprend douze points  : Assurer un cesser le feu bilatéral immédiatement. Assurer sa surveillance par l’OSCE. Organiser une décentralisation des pouvoirs par une loi temporaire accordant de manière temporaire l’autonomie locale dans les républiques séparatistes. Assurer une surveillance permanente de la frontière russo-ukrainienne par l’OSCE et instaurer une zone de sécurité à cette même frontière. Libérer immédiatement tous les otages et les personnes retenues illégalement. Adopter une loi ukrainienne visant à interdire les poursuites et les sanctions contre toutes les personnes impliquées dans la guerre du Donbass. Poursuivre un dialogue national entre les parties. Mettre en œuvre des mesures afin d’améliorer la situation humanitaire dans le Donbass. Procéder à des élections anticipées dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk. Démilitariser la zone de conflit, en retirant du territoire ukrainien le matériel militaire, les forces armées et les combattants étrangers. Mettre en place un programme économique pour favoriser la reprise des activités et de l’économie locale dans le Donbass. Assurer la protection personnelle des participants aux consultations.
  9. 15. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stolenberg, s’était pour sa part réjoui que l’OTAN ait déployé «  des troupes prêtes au combat dans la partie orientale de l’Alliance, y compris la Mer noire, et pas seulement dans la région de la Baltique  ». Il se félicitait aussi que les membres de l’OTAN aient fourni un «  renforcement des capacités militaires et d’équipement à l’Ukraine  » (GFP).
  10. 16. En 1999, La Serbie (ex-Yougoslavie) plus spécialement à Belgrade, subit pendant 78 jours, du 23 mars au 18 juin, des bombardements de l’OTAN (Opération Force Alliée, sans mandat de l’ONU), provoquant des destructions de bâtiments non militaires et des milliers de morts (480 sorties aériennes par jour). L’OTAN reconnaîtra que 14 200 bombes ont été larguées sur la Yougoslavie au cours de 5 450 sorties d’attaque. Un peu moins de la moitié (48%) de ces missions de bombardements ont été réalisées par les pays européens, au premier rang desquels la France et le Royaume-Uni. L’opération a pu être qualifiée par des adversaires de la puissance américaine de «  bombardement américain bienveillant sur la Serbie  ». George Kenney (ancien responsable du département d’État américain pour la Yougoslavie), déclara après le démantèlement de la Yougoslavie  : «  Dans l’Europe de l’après-guerre froide, il n’y avait plus de place pour un grand État socialiste indépendant qui résistait à la mondialisation  ». D’autres interventions militaires du «  camp occidental  » (sous mandat ou non de l’ONU) n’ont pas manqué depuis lors, bien qu’ils n’aient pas affecté directement “l’Europe”.

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