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Pour les classes populaires : sortir du désarroi ! Que faut-il craindre ? Que peut-on espérer ?

« Le pouvoir craignait ta puissance ;

Il est venu te désarmer ;

Conserves-en la souvenance

C’est pour pouvoir mieux t’opprimer. »

Peuple, réveille-toi ! (anonyme, 1849)

 

Dans les précédents numéros de Germinal, on a fait état des difficultés qu’affrontent les classes populaires, de leurs inquiétudes, souvent de leur découragement. Des sentiments de révolte s’expriment aussi, l’accumulation d’une colère qui ne sait plus très bien contre qui, contre quoi, elle peut se tourner. Beaucoup au sein des classes populaires se préoccupent de cette situation et se demandent ce qu’il adviendrait si, comme ce fut le cas récemment dans d’autres pays, la révolte éclatait de façon désordonnée, sans une compréhension des déterminations profondes qui font que la situation se dégrade toujours plus, sans unité de vue capable d’orienter les luttes populaires.

Les diffuseurs de Germinal, lorsqu’ils discutent avec leurs lecteurs — comme d’ailleurs avec de non lecteurs — perçoivent que cet état d’esprit, où se trouvent étroitement mêlés accablement et exaspération, ne peut conduire au meilleur dans les conditions de la division et de la désorganisation actuelle des classes populaires.

Les Instituts de sondage, chargés de mesurer pour leurs clients, dont le gouvernement, l’état d’esprit des Français, font état du fait que ceux-ci, confrontés aux difficultés de la situation dans le domaine économique, seraient passés, opportunément, du sentiment de révolte (42%) à la résignation ou à l’indifférence (47%). Quelques individus hargneux nourrissent encore cependant un sentiment de révolte, et ne se satisfont pas de la situation, ceci plus spécialement parmi les artisans et commerçants (53%), les ouvriers (49%), ceux qui ont le moins de diplômes (48%), les retraités (56%), une bonne partie du peuple en somme.

Pour l’instant, comme le dit une commerçante sur un marché : « Personne ne bouge, on attend ». Et nul ne sait vraiment ce qui fermente au cours de cette attente.

Les raisons du désarroi

Les motifs du désarroi actuel qui n’affecte pas seulement les classes populaires, ne tiennent pas seulement aux difficultés de la situation. Le désarroi est lié à la perception d’un désordre général, d’un défaut d’orientation, qui conduit les individus, les différentes classes, les dirigeants politiques, au chacun pour soi et au sauve qui peut.

Cette perception d’un désordre généralisé s’exprime au sein des classes populaires :

« Tout se dégrade, la désindustrialisation, tout ce qu’on doit, la dette, on ne sait plus où on en est, on n’est plus maître de rien ». « Le monde c’est de plus en plus difficile, violent, tout retourne au chaos », « On aurait besoin de savoir où on est, pour se retrouver, savoir où on va. »

La désorganisation, qui fait qu’on s’est perdu soi-même, qu’on « n’est plus maître de rien » se fait sentir dans le domaine économique et dans le domaine politique, les politiques menées paraissent à beaucoup incohérentes. Et, en bas de l’échelle, « des gens comme nous, les petits, c’est toujours nous qui trinquons ».

Par rapport à la perception de la situation et de ses dangers, deux mondes distincts semblent se côtoyer, sans véritable relation. D’un côté les divers éléments des classes populaires, de l’autre les classes et catégories les moins soumises aux affres de la situation, et ceux qui ont des responsabilités politiques. Les premiers ont l’impression que le mépris du peuple s’est accentué depuis quelques décennies du côté de ceux qui sont censés le représenter, ou du moins tenir compte de l’intérêt commun. À cet égard, les jugements portés sur les responsables politiques, les partis, les syndicats, les médias, sont sans appel.

« Les partis, les syndicats, ils pensent à leurs billes, pas à nous. »

« Les médias, c’est pareil, ils disent n’importe quoi, ils défendent ce qu’on leur dit de dire et qui va dans leur sens, ça profite à leur cause, c’est pas eux qui sont à plaindre. »

De tels jugements ne signifient pas une perte d’intérêt pour la politique en tant que telle, mais pour la conduite par ceux qui en ont la charge. Non que la politique n’intéresse pas les classes populaires, mais que pour beaucoup, elle n’intéresse plus.

« La politique, ça ne m’intéresse plus du tout […] les hommes politiques ça va chez eux, ils sont là pour profiter, tous, les petits, ils s’en foutent. »

Ce désintérêt se manifeste, voilà le hic, au moment des élections.

« Je ne vote pas, parce que ça ne sert à rien. » « On vote pour des gouvernements qui ne nous représentent pas, c’est pour ça, je ne vote plus. »

À propos des échéances électorales, on a beaucoup glosé sur le report des voix ouvrières, supposées assignées à la gauche, se reportant maintenant sur le Front National (sans d’ailleurs s’interroger sur le choix abstentionniste plus significatif). Mais si le vote Front National peut servir d’exutoire, c’est aussi un vote par défaut, parce que n’existent plus de partis des classes populaires. L’habileté du discours du Front National, tient à ce qu’il semble entendre leurs préoccupations, ce que les organisations de gauche, y compris parmi les plus radicales, ne font plus.

« Les gens votent Front National, parce qu’ils en ont marre des autres partis, et eux, ils font comme s’ils nous écoutaient. » « Les partis de gauche ont trahi la classe populaire. »

« Avant il y avait le parti communiste, le parti des travailleurs, on nous entendait un peu […] maintenant, il n’y a plus rien, ce qui en reste c’est mort ou ça s’accroche aux gamelles, en faisant n’importe quoi. »

Certaines des personnes que Germinal rencontre regrettent les périodes de l’histoire, où quel que soit leur positionnement, de droite ou de gauche, les dirigeants politiques savaient où ils allaient, permettant au peuple de se déterminer en connaissance de cause.

« De Gaulle, ça c’était un type qui avait une vision. »

« Avant il y avait le parti communiste, le parti des travailleurs, […] on s’est moqué, mais il y avait une ligne. »

Faute d’une organisation indépendante des classes populaires, de la perte de tout repère, il arrive qu’on ne sache même plus pour quoi mener la lutte : « Plus personne ne veut se mobiliser, on ne sait pas pourquoi il faudrait se mobiliser. »

Le sentiment d’une perte des repères affecte sans doute les plus anciennes générations.

« On a perdu la fierté de la classe ouvrière, savoir ce qu’on faisait, où on allait, on n’a plus de fil. » « Je vois des gens, ils n’ont plus de repères, ils disent on ne sait plus où on en est, ils ne se reconnaissent plus dans ce monde là. »

Pour les plus jeunes, selon certains, il ne s’agirait pas d’une perte, mais d’un manque absolu.

Le monde politique se garde bien de maintenir ou reconstituer ces repères, ils préfèrent de beaucoup maintenir la population dans l’ignorance.

« Les gens ne pensent plus beaucoup », « on fait tout pour que les gens ne pensent pas ».

« On n’explique rien, on les élit, ils font les lois, on ne sait pas où ça va, une fois élus, ils ne parlent même plus de ce qu’ils font. »

« Les événements [sont présentés] les uns à côté des autres, on ne voit pas la situation dans son ensemble. »

Divorce avec le peuple, avec la réalité

Dans un entretien du 16 septembre à France TV infos, le géographe Christophe Guilluy parle d’une classe politique qui se tient « hors sol », loin des réalités que vit la majorité de la population. Selon lui, les classes populaires sont devenues invisibles. Cette mise à l’écart relèverait d’une intention délibérée de la part des instances politiques.

« Je pense que cyniquement, nos classes dirigeantes ont enterré les classes populaires depuis longtemps. Pour elles les classes populaires ne comptent pas. »

Il arrive cependant que dans les hautes sphères on se soucie du peuple, ne serait-ce que pour tenter de le mettre à la raison, le peuple en effet n’est-il pas guidé par des passions, des “humeurs” changeantes. Il convient en conséquence, comme on le fait pour des enfants, de pratiquer avec lui une “pédagogie” adaptée. Si le peuple perd confiance en l’avenir et en ses tuteurs légitimes, le mal ne vient-il pas d’abord de l’inconstance de ses humeurs ?

Selon un sondage IFOP de décembre 2013 (pour Ouest France), la confiance des Français en l’avenir, s’est en effet considérablement dégradée : 30% seulement se disent optimistes pour eux-mêmes et leurs enfants. Ils étaient 53% en octobre 2011. Certes, de telles « baisses de moral » sont déjà intervenues, mais cette fois, il semble que l’inquiétude exprimée à l’égard de l’avenir tienne pour une bonne part à la perte de confiance dans la capacité des politiques à surmonter la situation.

La confiance en l’avenir ne se décline pas de la même façon selon les positions sociales. Ceux qui étaient fin 2013, encore relativement optimistes — optimisme limité — se recrutaient parmi ceux qui sans doute sont les moins éprouvés par la situation économique : les hommes (36%), les cadres supérieurs, professions libérales, les classes dites intermédiaires, les artisans et commerçants (autour de 36%), les habitants de la Région Parisienne (41%). La confiance était dominante pour ceux qui se sentaient proches du Parti Socialiste (54%), du Front de Gauche (39%), d’Europe-Écologie-les Verts (41%) et du Modem (35%). À l’inverse, les moins confiants envers l’avenir, ne faisaient pas partie des moins affectés par les difficultés économiques : les femmes (76%), les plus de 50 ans (+ 77%), les ouvriers (73%), les habitants des communes rurales et urbaines de province (72%).

Une étude plus récente (juillet 2014), établit que l’état d’esprit face à la situation économique est fortement corrélé à la confiance éprouvée envers le gouvernement. Seuls 15% des personnes interrogées estiment que le gouvernement fait des efforts suffisants pour réduire les dépenses de l’État, la moitié pense qu’il n’en fait pas du tout. Un lien s’établit entre ceux qui ne sont plus disposés à faire des efforts et ceux qui jugent que le gouvernement n’agit pas dans le sens d’un redressement des finances publiques. Ceux qui se disent prêts à faire des efforts sont ceux dont la préférence partisane, et la relative confiance, vont à la gauche.

Le problème ici ne concerne pas seulement les difficultés économiques, mais l’impression qu’il n’y a plus de gouvernail, et qu’on ne sait pas si les “sacrifices” demandés à certains permettront de résoudre les problèmes. On peut ainsi supposer que les classes qui ne sont pas prêtes à “faire des efforts” — sans doute ont-elles prioritairement déjà donné — ne sont pas forcément hostiles à tout “effort”, à condition que ceux-ci servent l’intérêt général du pays.

Se laisser glisser vers l’abîme, ou reconstruire la capacité souveraine du peuple

L’histoire atteste que seul le peuple, organisé, uni, peut s’opposer à la déconstitution de la société, au glissement vers l’abîme où elle semble se précipiter. Seul le peuple peut imposer les conditions d’une prévalence du bien public. Sans la force et l’organisation du peuple, aucune bataille ne peut être remportée, contre la régression, la guerre, la barbarie. Les autres classes en sont incapables, non par malignité, mais du fait que chacune est occupée à tirer son épingle du jeu, et que cela ne peut se faire qu’au détriment les unes des autres et du fonds populaire.

La réorganisation politique du peuple est ainsi une question d’importance vitale, pour lui-même et pour l’ensemble de la société, pour le maintien d’un minimum de civilité.

On ne doit pas méconnaître les dangers d’une situation où le peuple se trouve désarmé tandis que les dirigeants politiques orchestrent la désorganisation.

Les armes historiques du peuple, ce ne sont pas d’abord des fusils, c’est son unification en fonction de perspectives communes qui le constituent véritablement en peuple, capable d’affirmer une capacité souveraine, et de se trouver à même, à plus ou moins long terme, de prendre en mains le devenir de toute la société, en vue d’un bien commun.

Depuis plusieurs décennies, on a fait rendre au peuple ses armes, en travaillant à le diviser en multiples fractions. On a aussi détruit le cadre qui rend possible au peuple de construire sa capacité souveraine, celui de la nation souveraine, d’une république une et indivisible. Ce n’est en effet que dans le cadre d’un État constitué, souverain, que le peuple peut poser l’exigence d’une souveraineté effective, puis travailler à l’affirmer.

Le travail de sape qui a conduit à l’abaissement du peuple, de sa place éminente dans la société, s’est ordonné à partir du sommet et au sein des organisations censées défendre sa cause. On a œuvré à le diviser en fragments hostiles (selon l’origine, la culture, la langue, le “genre”, etc.). Le désordre général qui affecte l’économie, qui décompose la vie politique, vont à l’appui de ce processus de division.

« Chacun lutte pour soi et contre les autres, la loi de la jungle, ce n’est pas la lutte des classes. »

« Les gens sont pris à la gorge, ils ont peur, alors tout est possible », « les gens sont devenus agressifs, jaloux ».

Une inquiétude particulière se manifeste à l’égard de la jeunesse. Une enquête, Génération quoi ?, révélerait que les jeunes ont l’impression d’appartenir à une génération perdue, sacrifiée. Ce sont en effet eux qui, avec les plus âgés, ont le taux de chômage le plus élevé (24%, et plus pour les moins favorisés), et parmi d’autres difficultés spécifiques, leurs perspectives d’emploi sont aléatoires. Selon Alexandre Devecchio, toute une partie de la jeunesse constituerait un “nouveau prolétariat”. Dans le contexte actuel, contrairement à d’autres périodes de l’histoire, ce présumé prolétariat se présenterait en outre comme dépourvu de perspectives.

« Les jeunes, qu’est-ce qu’ils vont devenir ? », « avec le chômage, et puis tout ce qui leur fait envie, que les autres ont, et rien pour drainer tout ça, ça peut tourner au pire ».

La situation difficile d’une partie de la jeunesse rendrait compte de l’attirance pour certains de solutions plus ou moins radicales, dont la moins préoccupante serait la montée du vote des jeunes pour le Front National. « Dans quel monde vit-on ? Qu’est-ce qu’il est devenu pour que des jeunes, même s’ils ne sont pas beaucoup, on puisse les pousser à la guerre ? tuer les autres ? »

La perception des dangers que porte la situation est plus globale. On peut en rendre responsable — ce n’est pas nouveau — le régime capitaliste. Avec la profonde crise actuelle, ce régime ne peut plus masquer les contradictions qui le minent. « Le capitalisme ne peut plus durer, il faut qu’il soit remplacé. » Il s’agit le plus souvent d’un constat désabusé : « le capitalisme épuise tout le monde, on est dans une voie sans issue. » Il est rare qu’on imagine que, dans la situation présente, on puisse vraiment avoir prise sur le capitalisme. On a conscience qu’il s’agit d’un régime social, et non de quelques dirigeants auxquels il suffirait de dire « Dégage ! ».

Dans les conditions du moment, on n’imagine pas non plus la possibilité d’une révolution, survenant du jour au lendemain. Compte tenu de l’impréparation des forces populaires, il semble à certains qu’une telle révolution, vraie ou fausse, présenterait le risque de “mal tourner”, comme cela est précisé à propos des “révolutions arabes”. On craint plus généralement le risque d’une extension de la guerre, d’un retour au chaos dans le monde entier. « [Et puis], il y a la guerre partout, on tue, on recommence, ça retourne des milliers d’années en arrière », « ça redevient les barbares ».

Le travail de reconquête de l’initiative populaire en perspective historique

Les classes populaires constituent la majorité de la population. Depuis quelques temps, les divers Partis et même le gouvernement, commencent à s’en préoccuper depuis que les diverses fractions de ces classes ne les soutiennent plus tour à tour. Christophe Guilluy souligne : « La classe politique se trouve confrontée à une réalité sociale imprévue […]. Une situation comme celle-là ne sera pas viable très longtemps, d’autant plus que [les classes populaires] commencent à saisir qu’elles ne sont pas “quantité négligeable”, mais qu’elles sont la majorité. » « Ne pas prendre en compte les classes populaires, […] sur le long terme c’est jouer avec le feu. »

Pour des raisons qui semblent tenir aux échéances électorales, les différents partis, de droite, de gauche et des extrêmes, recommencent, avec plus ou moins de succès, à flatter les différentes catégories populaires. Ils sont largement distancés par le Front National qui, bien avant eux, a senti le vent tourner. Pourquoi cette sollicitude ? Sans doute et avant tout dans l’espoir de récupérer des voix populaires, quitte à les mobiliser pour la défense d’intérêts qui ne sont pas les leurs. Les diverses organisations qui prétendent aujourd’hui se pencher sur les classes populaires visent à maintenir leurs propres situations. Face aux menaces qu’ils sentent peser sur eux, certains vont même jusqu’à pratiquer un discours de “repentance”. Quoi ! Ils avaient oublié l’existence des classes populaires, et celles-ci, les ingrates, ne se tiennent plus à leurs côtés ! On voit, surtout à gauche, des courants remplis d’ardeur républicaine, qui s’alarment du fait que le peuple, « abandonné par la gauche », se soit tourné vers le “populisme” qui ne peut que les entraîner sur une mauvaise voie, sans comprendre que c’est plutôt le peuple qui a abandonné une gauche incapable de prendre en compte ses intérêts et encore moins réaliser ses visées historiques. Le thème d’une “trahison de la gauche”, tous courants confondus, se fait jour dans le discours populaire.

Pour les courants qui espèrent reconquérir le vote populaire, la montée de l’abstention, le report des votes en faveur du Front National se présente comme un indice des errements politiques du peuple, non de leur propre faillite. Ne parlent-ils pas d’une “perte de conscience de classe” ? Certains ne proposent-ils pas de promouvoir une “éducation populaire de masse”, pour remettre à la raison un peuple toujours indocile et enclin à l’erreur. Sans jamais se demander quelles catégories ou classes ont le plus besoin d’une “éducation” au plan politique, sur laquelle les classes populaires ont leur mot à dire. Sans jamais se demander non plus quelles classes, de par leurs conditions d’existence, sont à même d’orienter la lutte pour la transformation de la société, quelles autres peuvent s’accommoder de leur situation dans le régime capitaliste, pourvu qu’on n’attente pas à la place qu’ils ont su s’y faire. Ce n’est pas le peuple qui doit servir de force d’appoint à ces classes, ces catégories, c’est au contraire celles-ci qui doivent recevoir les orientations, orientations historiques, que seul le peuple est à même de dresser.

Ainsi, les classes populaires n’ont pas à se mettre à la remorque de ces courants, l’effort principal doit viser à reconstituer les facteurs de la réorganisation indépendante du peuple. Le long processus de désorganisation des forces populaires n’est peut-être pas loin de s’achever. Ou, du moins, on peut percevoir au sein des classes populaires les indices d’une volonté de se réorganiser, reconstituer des repères. Il s’agit encore d’éléments dispersés, désordonnés, embryonnaires, mais pour une fois, versons dans l’optimisme. Comme l’indiquait Marx en son temps : L’histoire ne se pose jamais que les questions qu’il lui est possible de résoudre.

 

Peuple, on se rit de ta misère,

De ta souffrance et de ta faim !

Tu attendais des jours prospères ;

Tu remettais au lendemain

Toujours trompé dans ton attente,

[…]

Réveille-toi, à tes droits on attente,

N’es-tu plus le Peuple souverain ?

Le pouvoir craignait ta puissance ;

Il est venu te désarmer ;

Conserves-en la souvenance

C’est pour pouvoir mieux t’opprimer,

En attendant que l’on invente

Pour toi quelque chose à dessein.

Réveille-toi, à tes droits on attente,

N’es-tu plus le Peuple souverain ?

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