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L’analyse des contradictions du capitalisme et l’apport théorique de Sismondi (1773-1842)

Dans le Supplément au numéro 9, Germinal présente les résultats d’une enquête sur les représentations contemporaines du capitalisme et de ses contradictions.

Il est proposé en contrepoint un bref aperçu de la théorie de Sismondi sur le fondement de ces contradictions et leur développement, notamment au regard de la survenue des crises cycliques de surproduction.

Il va de soi qu’il ne s’agit que d’un aperçu, la théorie de Sismondi ne pouvant, pas plus que celle de Marx, ou d’autres grands théoriciens, être résumée en quelques pages.

On peut apprécier l’importance théorique de Sismondi en prenant connaissance des jugements que Marx porte sur son apport à l’analyse du mode de production capitaliste.

Dans le Manifeste du Parti communiste :

« Ce socialisme [celui de Sismondi] analysa avec beaucoup de sagacité les contradictions inhérentes au régime de la production moderne. Il mit à nu les hypocrites apologies des économistes. Il démontra d’une façon irréfutable les effets meurtriers du machinisme et de la division du travail, la concentration des capitaux et de la propriété foncière, la surproduction, les crises, la fatale décadence des petits bourgeois et des paysans, la misère du prolétariat, l’anarchie dans la production, la criante disproportion dans la distribution des richesses, la guerre d’extermination industrielle des nations entre elles etc. »

Dans le Capital :

« Sismondi a [la conviction] intime que la production capitaliste est en contradiction avec elle-même ; que par ses formes et ses conditions elle pousse au développement effréné de la force productive et de la richesse […] ; que les contradictions entre valeur d’usage et valeur d’échange, marchandise et argent, achat et vente, production et consommation, capital et travail salarié, etc., ne font que s’accentuer à mesure que la force productive se développe. Il [perçoit] notamment la contradiction fondamentale : d’une part le développement effréné de la force productive et l’accroissement de la richesse qui, formée de marchandises, doit être transformée en argent, d’autre part comme fondement, la limitation de la masse des producteurs aux subsistances nécessaires. C’est pourquoi les crises ne sont pas pour lui, comme pour Ricardo, de simples accidents, mais des explosions essentielles, des contradictions immanentes se produisant sur une grande échelle et à des périodes déterminées.»

Rosa Luxembourg indique pour sa part :

« Lui [Sismondi], le critique social, témoigne de bien plus de compréhension pour les catégories de l’économie bourgeoise que les avocats passionnés de celle-ci ». Établissant un parallèle entre Marx et Sismondi, elle précise son point de vue : « de même Marx devait faire preuve d’une clairvoyance beaucoup plus aiguë et jusque dans les détails, que tous les économistes bourgeois à l’égard de la différence spécifique du mécanisme économique capitaliste ».

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